Hello!
Here we go! L'Océan Pacifique est déjà loin derrière nous, nous voilà immergés dans le centre de l'Australie. Dès le départ d'Hélène, une envie de brousse et de plaines arides nous a soudain
envahis, nous quittions Townsville l'après-midi même, direction l'Ouest sur la Flinders Highway, via Charters Towers, notre première étape. Les paysages sont déjà d'une désolation stupéfiante
même à quelques dizaines de kilomètres de l'Océan: plaines d'herbes sèches à perte de vue et désespérément plates, occupées par des troupeaux de vaches à bosse. Les road trains sont
impressionnants, ce sont les rois de la route, il faut absolument leur céder priorité dans tous les cas, ils nous écraseraient comme une mouche.
Les trains routiers.
Nous trainassons le lendemain matin à Charters, magnifique bourgade d'une riche époque minière révolue, mais qui garde une certaine vivacité, puis en avant, keep going! La route est longue et
monotone, mais il faut avancer.
Charters Towers, une ville de cow-boys.
Les jours suivants se ressemblent un peu, nous roulons très tôt, dès le lever du soleil pour éviter la grosse chaleur de la journée, puis en fin d'après-midi jusqu'à la nuit, ça tombe
plutôt bien car la brousse révèle toutes ses couleurs à ces moments. comme il n'y a pas vraiment grand chose d'autre à faire que conduire, nous parcourons de bonnes distances chaque jour et c'est
avec satisfaction que nous faisons défiler les pages de l'atlas. Entre Julia Creek et Mount Isa, le relief s'affole un peu, les vallons pierreux rouge-rosés ont remplacé les vastes plaines, on
pourrait se croire dans le sud du maroc, l'air et le sol sont de plus en plus secs et la chaleur devient vraiment étouffante, nous somme à mi-saison, dans quelques semaines l'été et sa fournaise
reigneront ici, ne trainons pas trop! Une petite pause à Mount Isa, une ville minière sans intérêt pour s'apercevoir que la communauté aborigène est bien représentée dans la population, nous
traversons en effet des territoires traditionnels et donc réservés aux premiers habitants du continent.
Détail de fresque murale à Charters Towers.
Le lendemain, après être entrés dans le territoire du Nord, nous arrivons au fameux "Three Ways", le carrefour des routes allant vers Darwin au Nord ou Alice Springs, au sud. Notre choix est
fait: nous prenons le chemin du sud, celui qui nous mènera au sud de l'Australie via Alice Springs et Uluru, le rocher sacré. Nous avons pensé un moment passer par le Nord et longer ensuite la
côte ouest vers Perth, mais la saison humide arrivant, il est plus raisonnable de tracer la route directement au sud, de plus les opportunités de trouver un job sont bien plus nombreuses dans le
Victoria et la Tasmanie et nous avons besoin de remplir le porte monnaie.
Quelque part sur la route... le désert nous appelle.
Cap plein sud! Nous traversons Quelques petits bleds perdus au milieu d'un désert de cailloux et d'arbustes. Une petite pause à Tenant Creek, un village qui compte une fotre proportion
d'aborigènes, c'est le weekend et nous regardons les gamins attrapper des lézards et poissons au lance-pierre au bord d'un lac, le savoir-faire traditionnel n'est pas perdu.
Il reigne une ambiance un peu étrange entre les autochtones et les australiens "blancs". Ils ne se mélangent absoluement pas et semblent ne pas se comprendre. Les aborigènes gardent un mode de
vie rustique dans une société qui les dépassent. Ils semblent donc à part du monde moderne, passent la journée en groupe dans les parcs. Ils sont le quart-monde de l'Australie, chez eux depuis
des millénaires et pourtant au rebus de la société qui gère leur territoire. Les australiens blancs ont l'air de les dédaigner et nous, voyageurs, sommes pris entre deux feux. Nous sommes
vraiment peinés de constater cette réalité.
Nous arrivons rapidement à Alice Springs, chef-lieu du Territoire du Nord et "capitale "du centre, pour constater la même situation. L'alcool est règlementé car il cause de gros dégâts dans les
communautés en marge. L'essence aussi n'est pas la même, "l'unleaded" est remplacé par "l'opal", un carburant auquel on a retiré les solvants qui rendent ilares les aborigènes quand ils en ont
sniffé. En face des nombreuses galleries d'art aborigène clinquantes et tenues exlusivement par des blancs, sont assises des familles aborigènes qui étalent à même le sol leurs oeuvres et tentent
de les vendre en direct aux touristes.
Ambiance à Alice Springs.
Alice est une ville sans charme réel, c'est principalement une base logistique du centre aride du pays composé de parcs nationaux et de fermes d'élevage extensif, les "cattle stations".
Nous visitons durant trois jours les Mac Donnel Range, c'est une série de petites montagnes qui s'étirent d'Est en Ouest de part et d'autre d'Alice Springs et dans lesquelles on peut se promener
au gré de gorges et de rivières asséchées, c'est réellement magnifique, tellement aride qu'on a du mal à croire que ces vallées caillouteuses se transforment en énormes torrents par temps de
pluie. Il ne manque plus qu'Indiana Jones déboulant sur son cheval au galop est on est en pein film.
La faune est caractéristique des régions arides: nous pouvons observer des chameaux sauvages (utilisés au XIXeme siècle pour l'exploration du pays), de gros lézards, des varans, des kangourous
bien sûr, des dingos qui viennent rôder dans les campings le soir venu et encore une multitude d'oiseaux dont des aigles royaux en quantité et des émeus (l'autruche australienne). Les mouches
aussi sont très nombreuses et deviennent rapidement nos amies malgré nous, ça devient vraiment agaçant au bout d'un temps.
L'ultime solution anti-mouches!
Nous continuons la route vers le sud et c'est à environ 500km au sud-ouest d'Alice que nous visitons trois des plus beaux sites naturels du pays: Les Kings Canyon, Uluru et Les Kata Tjuta (Monts
Olgas).
Il est difficile de décrire tous ces lieux réellement sublimes, il faut y aller pour le croire! Les Kings Canyon dévoilent un paysage très varié avec ses nombreuses curiosités géologiques
impressionnantes, il fait une chaleur atroce, nous atteignons les 40° à l'ombre!!! On se ballade au lever du soleil car après 10h, on ne peut plus mettre la tête dehors.
Rando dans les Kings Canyons.
Les formations rocheuses d'Uluru et Kata Tjuta sont énormes! d'une beauté saisissante, surtout au coucher du soleil, lorsque les rochers prennent des tons ocre-rouge sur fond de désert au sable
grenat. Nous avons eu la chance aussi de voir Uluru sous un gros orage, et le gigantesque caillou s'est mis à pleurer de toutes ses pores sous la pluis battante, c'était fabuleux. nous en
apprenons aussi beaucoup sur les significations spirituelles de ces lieux pour le peuple Anangu, la tribu aborigène locale.
Uluru dans la tourmente.
Puis il nous a fallu reprendre la route, toujours vers le sud, avec des images magiques plein la tête. Une petite pause à Coober Pedy, une petite ville étrange au décor lunaire perdue au milieu
des "Brakeaway", un désert de cailloux.
Paysage minéral des Breakaways.
Elle est connue pour ses mines d'Opale, une pierre aux tons vert-bleutés. Les gisements ont l'air d'être riches car on ne compte plus les joaillers et les négociants en pierres précieuses. La
population y vit majoritairement sous la terre, dans les anciennes mines reconverties en habitat troglodytique. Non loin de Coober Pedy, nous avons longé pendant quelques kilomètres la "Dog
Fence", cette clôture longue de plus de 5000 km qui empêche les dingos de descendre vers le sud, afin de protéger les troupeaux de moutons du sud-est du pays.
Le long de la clôture à dingos.
Une dernière étape pour rejoindre Port Augusta, au bord de l'Océan du Sud. Les arbres réapparaissent dans le paysage, la terre est toujours aussi rouge et nous passons au bord de grands lacs de
sel asséchés. Nous voici arrivés hier soir, un peu déboussolés après une si longue route désertique, retour à la cicilisation.